22.08.2008
Arizona Dream
Hello tout le monde,
Un petit post depuis Moab, charmante bourgade de l'Utah, pour vous dire que tout est OK. Je suis actuellement a la moitie de ma boucle dans le Far West et je pense atteindre Vegas dimanche, si je ne rencontre pas les Daltons ou Jesse James sur ma route. Vegas justement, souvenez-vous mes amis, c'est la-bas que je vous avais quittes, juste avant de prendre ma navette, en realite une LI-MOU-SINE, appartennant au TOD motel. Qui l’aurait cru?
D'apres ce que j'ai compris, a Vegas, tout etablissement se doit de posseder une limousine, meme une petite, meme sans moteur, l'essentiel est qu'elle soit visible devant son business. Celle qui nous transporte, trois demoiselles et moi, est quelque peu vieillote, mais j'apprecie le confort et la compagnie. A vrai dire je me prends pour une star pendant une bref quart d’heure.
Je descends au central de location et troque la limousine et le chauffeur contre une Chrysler blanche, qui est ma foi pas mal du tout.
J'insere un cd de Ben Harper, regle le retro, astique mes lunettes et galope en direction de l'Ouest . Sequence emotion. Mon coeur de cowboy solitaire se serre. Je reve de cet instant depuis mes premiers westerns...
Le premier jour, je roule 500 kilometres sans presque m'en apercevoir. La caisse est confortable, la musique est bonne, je suis epris de liberte, et surtout, je ne me lasse pas des paysages qui changent toutes les heures: Forets, deserts, prairies, petits canyons, etc...tout est superbe. Mais je n'ai encore rien vu...
J'arrive a Flagstaff, Arizona, en fin d'apres midi. La ville est idealement situee puisqu'elle se trouve entre deux parcs nationaux: Sedona Parc et le Grand Canyon.
Je fais la connaissance de deux suisses , un costa ricain et une americaine et nous dinons tous ensemble dans un resto du centre ville. Bibine dans un cafe concert, un suppo, et au lit de bonne heure.
Sedona Parc est mon premier contact avec l'Ouest sauvage: Piscines naturelles au coeur de vallees rougeoyantes, Big Rocks poses au milieu de la pampa, falaises striees, je connais la mes premieres hallucinations.
Je choisis deux randos fastoches, et j'escalade Bell Rock, un rocher en forme de cloche. J'aime cette pierre rouge et lisse qui n'est pas sans rappeller celle de la region d'Uluru en Australie. De mon promontoire, j'observe la plaine qui s'etend a perte de vue. Il ne me manque plus que les plumes et les fleches (et le cheval, et l'arc, et Pocahontas, etc...).
Je suis “Plume D’ours” le Dernier des Mohi...des Catalans.
La main en visiere, je scrute l'horizon. Pas de bisons, pas une diligence, juste une volee de nuages noirs qui devalent des cieux. Point besoin d'accoler mon oreille au sol pour ouir le tonnerre qui fait trembler les cactus. Je quitte mon promontoire aussi sec qu’un sarment.
Tel le puma, je bondis de rochers en rochers, et galope jusqu'a mon vehicule, eclairs aux trousses. Ce qui s'appelle prendre la 'foudre' d'escampette....Oh oh oh !
Mais treve de plaisanterie, car l'orage tourne au deluge et je suis force de me refugier en ville.
Sedona City est une ville New Age, construite, d'apres ses habitants, sur un champ electromagnetique qui diffuse des ondes disons positives, voire magiques...
Je bois un Diet Coca dans un troquet et je tente de percevoir les ondes magnetiques dans mon corps astral. Je ferme les yeux, prends une inspiration, me concentre en susurrant quelques incantations, et soudain, paf, bigre, tonnerre de zeus, je ressens comme une enorme envie de pisser.
Desole, il fallait que je la sorte.
En revenant des toilettes je pioche quelques prospectus et j'apprends que dans la rue d'en face, on peut faire photographier son aura...Puis je flane dans les petites echoppes du centre, et decouvre qu’ici, on peut tout acheter, du kit pour dialoguer avec son ange gardien, en passant par l’encens aux algues de l’Atlantide, jusqu’a la poudre de cristal divinatoire.
Retour a Flagstaff vers 18 heures. Je mange sur le pouce et fais un tour en ville.
Au centre, le San Antonio, bar tex-mex, propose une soiree Country et je me laisse tenter par une chansonnette ou deux devant une Corona bien fraiche. Les musicos sont plutot marrants, les chansons entrainantes et, de fil en fil en aiguille, je me retrouve avec deux americains qui me payent moultes choppes malgre mes vives protestations…
Cinq bieres plus tard, tout le monde est mon ami. Je ne quitte le Saloon que vers 2 heures du mat, titi voire tubant, titubant quoi.
Reveil difficile, bouche pateuse, cephalee, mal de "scalp", je suis “au fond du gouffre" comme dirait Antoine, mieux, au fond du Grand Canyon. J'avale un porridge, une orange , et quitte ce lieu de perdition pour le Grand Canyon, justement.
Pour des infos geologiques, sur le Grand Canyon, rdv sur Wikipedia. Je ne vous parlerai que de la vue stupefiante des multiples promontoires dissemines dans tout le Parc. Stupefiante, parce qu'encore une fois je ne m'attendais pas a une telle profondeur (et donc hauteur). 800 m de vide sous mes petons ! Je suis pris de vertige a plusieurs endroits et decide de ne pas tenter une balade au bord de l'abyme...De toute facon vu mon etat, c’est preferable. Je me contente de butiner de points de vue en points de vue, au volant de ma Chrisler.
Je trace vers l'Ouest en debut d'aprem et j'entre en 'pays Navajo', comme disent les americains, en realite il s'agit bien d'une vaste reserve qui occupe a peu pres 1 cinquieme de l'etat de l'Arizona.
Halte a Kalienka, ville indienne, pour la nuit. Je me leve a 5 H 30 et suis la course du soleil en direction du clou de mon voyage aux USA: Monument Valley. Vous connaissez tous Monument Valley si vous avez vu des western de John Ford.
Ses paysages se sont imprimes dans ma retine alors que j'etais gamin et je suis fou d'impatience...
Apres une dizaine de bornes , j'arrive enfin sur les lieux du 'Dream'.
Que dire?
J'en ai le souffle coupe, des frissons , ma machoire s’affaisse, je tombe a genoux dans le sable tellement c’est BEAUTIFUL !!!!!!
J'emprunte une piste de terre et passe trois heures en mode contemplatif dans le dedale des Rocks et des Mesas (rochers plats).
Pas un chat, ou presque, vue l'heure. Je croise un coyotte, quelques cavaliers Navajos, au loin une montgolfiere, surrealiste, s'eleve dans le ciel pur, un aigle passe, le vent siffle dans les roches .
Il n'y a rien a ajouter, ici, la terre a accouche d'un reve.
Fin du trip vers 11 heures. Orgasme oculaire (d’ailleurs je fumerai bien une clope). Paix extatique. Et je me dis: “On est pas bien la? Peinards? Etc…”
Je remonte en selle, m’eloigne dans le soleil au zenith, avec la certitude d'avoir vecu quelque chose de divin.
Westernement.
Plume d’Ours.
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Commentaires
Salut Plume d'ours,
ça fait plaisir d'avoir de tes nouvelles et tu as l'air bien en forme car tel Maître Capelo tu nous fait un fessteveval de contrepèterie.
Encore une foi ton récit et tes photos donnent bien envie de partir...
Fait attention de ne pas tomber sur Calality Jane et ne commences pas à t'habituer aux au stype de vie de l'utah car chez nous des mormons il n'y en peu et la polygamie est interdite, alors apoulit nin!!!
Bises
Ninette jolillette (traduction catalane de pet de lapereau)
Ecrit par : sophie | 22.08.2008
Tu donnes envie Monsieur Steve!!!Profite !!et reviens-nous vite en terre catalane!
Ecrit par : Muriel | 22.08.2008
Un fesse-steval...Oh oh oh , cousinette, tu sembles en forme toi aussi. Pour ce qui est de la polygamie ne commence pas a trainer ma reputation de Gentil garcon monogame dans la poussiere du desert, je te prie d'abord.
Bon Muriel j'espere que cet anniversaire se fete dans la joie et la bonne humeur. Reviens-nous vite, reviens-nous vite, hop hop hop, c'est que je commence a prendre mes petites habitudes, et suis pas presse de rentrer...rentree...rentree....rentree...si tu vois ce que je veux dire.
Le bonjour au Canigou.
La bise a toute la catalogne, a torreilles, a Urbanya et meme au cure de Saint Paul.
Plume d'Ours
Ecrit par : steve | 23.08.2008
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